Un an après: Des chercheurs ont pu décrire le profil des “Je ne suis pas Charlie”
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Un an après: Des chercheurs ont pu décrire le profil des “Je ne suis pas Charlie”

08 janvier 2016

Charlie Hebdo perdait dix de ses plus fervents combattants de la censure lors d'un attentat commandité par deux frères au service d'une vision extrême de la religion musulmane. Quelques heures après cet évènement tragique, un slogan surgit de la toile, "Je suis Charlie". Créé par Joachim Roncin, il sera retweeté 3,4 millions de fois, puis placardé, dessiné, crié et pleuré. Ce slogan c'est celui d'une union nationale devant l'horreur et notre attachement à la liberté d'expression. S'il a séduit la majorité des français, une certaine part de notre peuple n'a pas souhaité se joindre à ce message. D'autres encore disent "Je ne suis pas Charlie". Romain Badouard, maître de conférence à l'Université de Cergy Pontoise a réalisé une étude sur l'identité de cette minorité de l'opposition. 

Charlie Hebdo, adoré et critiqué. Même après l'attentat qui l'a frappé, l'hebdomadaire satirique est resté cette figure clivante. Une grand majorité de "Je suis Charlie" mais aussi une partie de "Je ne suis pas Charlie". Sous cette dernière balise, des théories complotistes, des apologies du terrorisme, des provocations à l'humour noir et enfin une volonté de rationaliser l'évènement sans se prendre au jeu de la démonstration populaire. "Les “Je ne suis pas Charlie” condamnent unanimement les attentats et ne remettent pas en cause la manière dont ceux-ci se sont déroulés. Ils refusent cependant d’afficher leur soutien à la rédaction de l’hebdomadaire, et cherchent à expliciter les raisons pour lesquelles ils ne se reconnaissent pas dans le slogan devenu symbole d’une “unité nationale” détaille Romain Badouard dans sa recherche " "Je ne suis pas Charlie, Pluralité des prises de parole sur le web et les réseaux sociaux". 

Dans cette étude, le chercheur dessine trois profils majoritaires dans le groupement "Je ne suis pas Charlie". En effet, les personnes ne désirant pas être assimilées au slogan de l'union le font pour trois raisons bien différentes. Pour ce faire, il a isolé les 113 articles arrivant en premier dans Google lorsqu'il tape "Je ne suis pas Charlie" ou "Pas Charlie". C'est à ce moment que trois catégories distinctes se démarquent.

La première surnommée les "Je suis Charlie mais..." ne veut pas s'associer aux manifestations et à tout l'appareil médiatique allant dans ce sens du fait de la récupération politique dont l'évènement a été victime. Par ailleurs, dans ce même groupe de personnes voulant rationaliser cet évènement, on retrouve aussi la raison de la sécurité. Un tel moment d'émotion emporte les foules dans des rassemblements qui auraient pu s'avérer dangereux. Toujours dans cette catégorie, une minorité reproche à Charlie Hebdo d'avoir contribué à une certaine stigmatisation de la confession musulmane s'inscrivant ainsi dans une lutte plus générale contre le racisme. 

La deuxième représente la pensée traditionnaliste. Elle s'apparente à un mouvement d'extrême droite qui va dans le sens de "on vous avait prévenu". Cette catégorie reproche particulièrement la pensée idéologique de Charlie Hebdo qu'elle associe à Mai 68. 

Enfin, la dernière catégorie s'apparente à une partie de la communauté musulmane qui penserait que Charlie Hebdo alimentait "consciemment l’islamophobie". Il y a là une volonté d'exprimer une peur de discrimination et un droit de se sentir offensé tout en reconnaissant la liberté d'expression. Il s'agit ici d'un aspect plus "culturel et identitaire" que politique comme dans la première catégorie relève Slate.fr. 

L'étude relève aussi le rôle des médias dans l'expression de ces "Je ne suis pas Charlie". Très peu entendus, ils se sont tournés vers la toile pour faire entendre leurs voix. Assez rapidement, les médias ont commencé à relayer ce phénomène qui a grossi par la biais des internautes. "En situation de controverse, le web agit ainsi comme un négatif, au sens photographique du terme, du débat public tel qu’il est organisé dans les autres médias: les populations exclues de l’espace médiatique peuvent y prendre la parole pour faire valoir leurs positions; elles produisent des contre-cadrages et proposent des grilles de lecture alternatives des événements; elles construisent des opinions collectives à partir de critères et de méthodes de débat bien différentes de celles en vigueur dans les autres médias", conclut l’étude.

Par Clemence Forsans | En savoir plus : Buzz |
  dernière mise à jour : 08 janvier 2016

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